copyright stephane.hamel
Peu de temps avant cette rencontre les Worcester Warriors avaient affirmé leur intention de remporter l’AMLIN CUP. Les britanniques furent demi-finalistes de la compétition l’an passé et sont actuellement 6ème de la première division anglaise. Et même s’il fallait prendre en compte à sa juste valeur cette équipe montpelliéraine, l’idée était de prendre un maximum de points face aux jeunes méditerranéens.
A vrai dire dans les rangs français, on ne donnait pas cher de l’équipe héraultaise. Les internationaux n’étaient pas qualifiés, les joueurs avaient peu joué ensemble, la moyenne d’âge étaient extrêmement jeune (6 joueurs du centre de formation) et comment ne pas se rappeler du désastre de Northampton qui, près d’un an plus tôt, vit les montpelliérains se noyer dans la brume anglaise. Il est 20h00 hier au soir et avouons-le nous sommes peu à y croire. Pourtant les Bleus de Montpellier sortiront vainqueurs de cette rencontre.
Pragmatisme et envie
Dès les premiers instants du match un vent de fraîcheur souffle sur le jeu héraultais, la défense est impeccable, l’envie se mesure sur chaque phase de jeu. Chaque placage et chaque regroupement font reculer l’adversaire. Les montpelliérains mettent la pression sur les warriors. Seraient-ils surpris d’autant de résistance ?
On ne se posera pas la question, les Bleus restent concentrés sur leur jeu. Marquer sur les temps fort ! Comme un leitmotiv ! Seuls les points comptent… Federico Todeschini se chargera de concrétiser la première incartade dans le camp anglais (9’).
Quelques minutes plus tard, c’est Jacques Schutte qui passera une pénalité de plus de 50 m. Serait-ce un signe avant-coureur de la belle histoire à venir.
Les « guerriers » sont toujours à portée de fusil. Il ne faut rien lâcher, chaque erreur se payera comptant.
Comme dans un rêve, la domination héraultaise se poursuivra... 03-15 à quelques minutes de la trêve. Une domination qui aurait pu être plus importante encore si le club à la fleur de ciste n’avait échoué par deux fois tout près de la ligne.
Les anglais déjouent, doutent et se recroquevillent sur un jeu restrictif. Une certaine arrogance les fera chercher la pénal-touche, l’écart au score devant être jugé impensable : il doit s’agir d’une erreur ! Les français ne savent pas jouer loin de leur terre et ne disputent d’ailleurs pas cette compétition en temps normal.
Les Worcesters Warriors forment un maul et franchissent la ligne, la prise de risque se révèle payante. 10-15 à la mi-temps.
La force de la volonté
Le rugby est un sport à la stratégie complexe. « Un jeu d’échec » pour reprendre les mots de Pascal Mancuso, coordinateur technique du Montpellier Hérault Rugby. Mais il est aussi un sport où l’état d’esprit est primordial.
Lors de ce deuxième acte, les montpelliérains feront montre d’une véritable rage de vaincre, dans le sillage d’une troisième ligne omniprésente et de toute une équipe au diapason…
La mêlée, la touche sont positives, les turn-over sont héraultais, les placages,… offensifs…
Et ces joueurs qui n’avaient pas bénéficié de beaucoup de temps de jeu, impériaux. Jeunes ou plus anciens, aucun ne passera au travers, la relève sut d’ailleurs reprendre le flambeau comme il se doit en cette deuxième mi-temps. On n’en citera aucun car tous méritent de l’être.
Florian Nicot marquera en contre l’essai de la victoire à l’heure de jeu. C’était écrit…
Et malgré l’abnégation anglaise et un nouvel essai sur groupé pénétrant, rien ne viendra altérer l’envie des « Bleuets » de Montpellier. Une ultime cuillère viendra sonner le glas des dernières forces jetées dans la bataille par les « Guerriers » de Worcester.
Hier, le Montpellier Hérault Rugby remporte sa première victoire à l’extérieur. Dans ses rangs, de jeunes joueurs plein d’allant et quelques anciens qui se sont donnés une véritable cure de jouvence. Selon Midi Libre, Michel Macurdy eut l’impression de se retrouver en Juniors.
Et maintenant…
Ce succès se veut rassurant, comme toujours il attendra confirmation… Comme toujours il faudra savoir rester humbles avant de recevoir le Connacht la semaine prochaine, Madrid ou encore Worcester pour le match retour.
Ne tirons donc aucun plan sur la comète et match après match, faisons notre petit bonhomme de chemin dans cette compétition.
Mais qu’il est bon de voir le Montpellier Hérault Rugby jouer de la sorte.
A venir : reportage sur Kévin Kervarec et Sébastien Max du centre de formation. Leur récit sur ce fantastique voyage à Worcester, disponible dans votre prochain Ovalie News…
Prochain match :
Vendredi 16 octobre : Montpellier / Connacht, à 20h Stade Yves du Manoir
WORCESTER...............17
MONTPELLIER............22
Worcester, Sixways Stadium
Mi-temps : 10-15.
8 000 spectateurs
Arbitre : M. Damasco (Italie).
Pour Worcester : 2 essais Sanderson
(40e), collectif (62e) 1 pénalité
Walker (3e), 2 transformations
Walker.
Pour Montpellier : 1 essai Nicot
(58e), 5 pénalités Schutte (9e),
Todeschini (17e, 23e, 29e, 35e),
1 transformation Todeschini.
Carton jaune à Montpellier :
Macurdy (39e) ; à Worcester :
Bowley (23e).
WORCESTER WARRIORS :
15. Latham ; 14. Garvey, 13. Gear,
12. Rasmussen (Carlisle, 57e),
11. Benjamin ; (o) Walker, (m) Arr
(Powell, 48e) ; 8. Talei (Cox, 75e),
7. Sanderson (cap), 6. Wood ;
5. Kitchener (Gillies, 34e), 4. Bowley ;
3. Ruwers (Black, 39e), 2. Lutui,
1. Mullan.
MONTPELLIER :
15. Schutte ;
14. Dall’Igna (Alcalde, 77e),
13. Smith, 12. Nicot, 11. Pratmarty ;
(o) Todeschini (Max, 50e), (m)
A. Tomas ; 8. Giraud, 7. Vallée
(Petitdemange, 72e), 6. Bost ;
5. Macurdy (cap), 4. Demarco
(Hancke, 50e) ; 3. Douglas
(Leleimalefaga, 50e), 2. Ladhuie
(Caudullo, 60e), 1. Van Staden
(Kervarec, 64e).
Évolution du score : 3-0, 3-3, 3-6,
3-9, 3-12, 3-15, 10-15 ; 10-22, 17-22.










