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Le sport au-delà des différences

Le 21 février 2019

L’image des points gantés et levés vers le ciel de Tommie Smith & John Carlos sur le podium des Jeux Olympiques de 1968 n’est, 50 ans plus tard, pas prête de s’effacer. Ce geste symbolique a marqué un tournant dans l’utilisation de la propre image des sportifs pour exprimer des messages citoyens engagés. Des années plus tard, force est de constater que ces signes de soutien font toujours la une de l’actualité, du genou posé à terre de Colin Kaepernick, à la dégustation de banane de Daniel Alves en plein match en guise de réponse aux gestes et insultes de pseudos supporters. En utilisant leur exposition médiatique, les sportifs ont donc toujours eu un terrain d’expression privilégié pour dire stop aux discriminations, elles qui sont contraires même à l’essence de la pratique sportive et à ses valeurs d’équité, de respect, de tolérance.

L’acceptation des différences des autres, voilà un thème qui revient malheureusement trop souvent sur le devant de la scène, y compris la scène sportive. C’est sur ce sujet que les collégiens de Sainte-Thérèse de Lunel ont travaillé et dont la rencontre avec les joueurs du MHR constituait l’épilogue. Ils ont également participé en début de saison à l’opération des brioches solidaires menée au profit de l’UNAPEI 34 et plus largement le collège travaille depuis quelques années avec le Fonds de dotation Montpellier Rugby autour de projets solidaires.

Benjamin Fall, Mohamed Haouas et Jan Serfontein se sont donc prêtés au jeu des discussions en faisant partager aux élèves leur vécu, leur histoire et leur façon de voir les choses. Tous étaient unanimes : les discriminations liées aux couleurs de peau, à la religion, à la sexualité etc n’ont pas leur place dans la société et encore moins sur les terrains de sport. L’international sud-africain est revenu sur l’avant et l’après 1994, (date de l’élection de Nelson Mandela à la tête de la République Sud-africaine) ou sur la décision de la fédération de mettre en place une discrimination positive et d’imposer des quotas de joueurs « de couleur » au sein des springboks. Dans un style un peu plus direct, Mohamed Haouas a fait part de son agacement face à la « bêtise des gens » qui insultent gratuitement comme ce fut le cas à Montpellier avec le regrettable épisode qu’a connu Nemani Nadolo. Mais pour le pilier, le plus triste dans tout ça c’est que ce sont les mêmes personnes qui sont les premières à applaudir les exploits du fidjien. Les élèves avaient les oreilles bien ouvertes, écoutant attentivement nos sportifs et prenant le soin quelques fois de prendre des notes comme pour ne pas oublier leurs propos. Avec beaucoup de recul, Benjamin Fall a avancé un message un peu plus philosophique en rappelant « de ne pas nier que ces choses existent mais qu’il faut adopter en retour un comportement exemplaire afin de les faire disparaitre. » Pour éclairer ses propos notre Ciste a cité également le documentaire « Je ne suis pas un singe » d’Olivier Dacourt qui montre la réaction de footballeurs victimes d’actes racistes. Le discours posé du tricolore vient tout droit s’opposer à la recrudescence des messages haineux, racistes, antisémites qui font l’actualité et que l’on retrouve dans la rue, au stade ou sur les réseaux sociaux.

Le temps de faire signer quelques autographes, de visiter les installations du GGL stadium puis de prendre un repas bien mérité à la Brasserie Le M by MHR qu’il est déjà l’heure de prendre le bus du retour pour les collégiens lunellois. Ils auront tout le reste de la journée et de la semaine pour repenser à ces échanges avec les joueurs du MHR qui auront fait passer leur message d’unité en utilisant la parole, une arme aussi efficace que les gestes de l’époque de Tommie Smith & John Carlos.

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