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Mamuka Gorgodze: "J'ai grandi avec le club"

Mercredi 28 Mai 2014
Mamuka Gorgodze a passé 9 années à Montpellier. Arrivé en 2005 sur les bords de la Méditerranée, il a connu les batailles pour le maintien et les années plus fastes, comme celle qui s’est terminée au Stade de France. Lui qui rêvait de soulever le bouclier de Brennus pour son ultime saison au MHR aura porté le maillot pour la dernière fois à Lille le 17 Mai dernier… Nous sommes allés à sa rencontre avant qu’il ne rejoigne la Rade de Toulon. Interview.
 
MHR : Tu as dit, il y a quelques jours, que tu souhaitais terminer ton aventure avec le MHR en tenant le bouclier. Ca ne sera malheureusement pas le cas. On imagine que la déception est immense ?
 
Mamuka Gorgodze : Oui, je voulais vraiment partir avec le Brennus mais c’est la vie. Personne ne pensait qu’on allait perdre mais on est tout de même passé à côté. C’est dur !  Il ne faut pas se dire que les opportunités se représenteront dans le futur, il faut savoir les saisir au moment venu… Je suis déçu, c’est dur, mais c’est comme ça…
 
MHR : Mamuka, après 9 saisons, tu rejoins le RCT. Que retiens-tu de ces années passées à Montpellier ?
 
Mamuka Gorgodze : Je ne veux garder que le meilleur. Quand je suis arrivé à Montpellier, je ne connaissais pas grand-chose au rugby, je n’y jouais que depuis deux ans. En Géorgie, je jouais au basket. J’ai appris et j’ai grandis ici. Je me souviens notamment de toutes ces années à jouer le maintien…
 
MHR : Lors du dernier match à YDM, tu as reçu une ovation des supporters. Si tu avais un message à leur passer, que leur dirais-tu ?
 
Mamuka Gorgodze : Selon mon point de vue, il est important de respecter tout le monde. Je ne me force pas, c’est ma manière d’être. Je suis entier, dans la vie comme sur le terrain. Je donne aux supporters, comme je me donne à mon club et je pense que si ils m’aiment bien, c’est parce qu’ils savent qui je suis. Et puis la vie est longue, personne ne reste en haut longtemps. Il y a un moment où c’est moi qui deviendrai un supporter, où je ne serai plus joueur de rugby… Je garde toujours ça à l’esprit. 
 
MHR : Tu as aussi été porté en triomphe par tes coéquipiers. As-tu également un message pour eux ?
 
Mamuka Gorgodze : Je voudrais faire passer le message à ceux qui sont là depuis longtemps, à ceux qui se sentent au club comme chez eux, qu’ils doivent tenir cette équipe, être les garants de ce qu’elle est. Nous avons tous grandis avec ce club et il faut continuer à le faire avancer dans la bonne direction. Je pars mais c’est à eux de continuer maintenant.
 
MHR : Petit flashback. Tu arrives au Centre de Formation lors de la saison 2005/2006. Comment cela s’est passé à l’époque ? 
 
Mamuka Gorgodze : A l’époque, j’avais un entraîneur, Claude Saurel, qui nous emmenait faire des stages ici, à Montpellier. C’est comme ça que les contacts ont été noués. Je viens d’une famille aisée et j’avais envie de prouver que je pouvais réussir quelque chose par moi-même. En Géorgie, le niveau n’était pas assez élevé donc je suis parti. Ça a été très dur pour moi, les premières années. Il y avait la barrière de la langue et c’est vrai que je me suis énervé plusieurs fois parce que je ne comprenais pas les blagues qu’on me faisait ! (Rires). 
 
MHR : Très vite, tu t’imposes comme un cadre de l’équipe. A quoi dois-tu cette réussite ? 
 
Mamuka Gorgodze : C’est uniquement le travail. Je viens d’un pays qui n’a pas le même niveau en rugby que l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, par exemple, donc il a fallu travailler, sans doute plus que les autres, pour arriver à rivaliser avec eux. Aujourd’hui, je travaille encore et encore. Je suis comme un enfant, plus j’obtiens des résultats, plus j’en veux !
 
MHR : Petite anecdote, tu as pris la double nationalité. Pourquoi avoir aussi choisi la France ?
 
Mamuka Gorgodze : Honnêtement, c’est juste pour me faciliter la vie et ne pas avoir à faire de la paperasse à chaque fois que je dois voyager ! Je suis un patriote. J’aime la Géorgie et dès que ma carrière sera finie, je rentrerai même si la vie ne sera pas forcément simple. Les gens pensent qu’avec l’argent que je gagne ici, je pourrais me permettre de ne rien faire une fois rentré au pays mais ce n’est pas vrai. Il faudra que je me reconvertisse, que je relève un nouveau challenge. 
 
MHR : Dès l’année prochaine, on l’a dit, tu porteras le maillot rouge et noir de Toulon. Que peut-on te souhaiter ?
 
Mamuka Gorgodze : D’être titulaire et de devenir un joueur important là-bas ! Je suis un compétiteur et je veux prouver à mon nouveau club qu’il a eu raison de miser sur moi. 
 
MHR : Merci beaucoup Mamuka pour ces 9 années et bonne route à toi.