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MHR-RCT: les deux Présidents passent à table!

Lundi 17 Septembre 2012

 

Tout le monde s’est accordé à le dire, le match de vendredi dernier, qui opposait le MHR au RCT, était l’un des plus beaux matchs de ce début de championnat. Si le spectacle était surtout, et avant tout, sur le terrain, il l’était aussi un peu dans les tribunes où les deux Présidents siégeaient l’un à côté de l’autre pour la première fois. Interview croisée lors du dîner d'après match.
 
MHR : Tout d’abord, cela fait plaisir de vous voir tous les deux à la même table… On vous a prêté une forte inimitié alors que vous avez plus d’un point commun. Vous êtes tous les deux des entrepreneurs, vous êtes investis dans le sport, vous êtes pères de familles nombreuses, d’origine arabe…
 
Mourad Boudjellal : Oui, enfin moi ça se voit moins que lui ! (Rires)
 
MHR : Comment décririez-vous vos relations ? 
 
Mourad Boudjellal : En fait, il a lourdement insisté car il vivait très mal le fait qu’on ne se parle pas, il était très conscient de tout ce que je pouvais lui apporter alors j’ai cédé, par humanité… Je lui ai dit « Allez, ok Mohed, je vais te parler ! » (Rires).
 
Mohed Altrad: Mourad a fait quelques déclarations à mon encontre mais je savais qu’il n’y avait rien, que ses mots ont été plus loin que sa pensée. Sur le fond, on est amis et on le reste.
 
Mourad Boudjellal : Pour être sérieux, moi j’ai été très sensible au fait qu’il vienne à Mayol. Et c’est d’ailleurs pour ça que je suis venu m’asseoir en tribune aujourd’hui. C’est une façon de répondre à sa venue à Mayol. Ça s’appelle de la correction.
 
MHR : Mohed Altrad, si Mourad Boudjellal devait être un héros de roman, qui serait-il ?
 
Mohed Altrad: Un héros de roman, je ne sais pas mais je sais qu’il peut jouer tous les rôles. C’est quelqu’un qui apporte beaucoup au rugby, à la culture rugby, tant par sa manière d’être que par son franc-parler.
 
MHR : Mourad Boudjellal, si Mohed Altrad devait être un héros de BD, qui serait-il ? 
 
Mourad Boudjellal: Je pense qu’il pourrait être Spider Man. Je m’explique. Peter Parker, avec ses grosses lunettes, il ne paie pas de mine mais quand il devient Spider Man, ce n’est plus pareil. Mohed, c’est un peu ça. Au niveau de réussite qu’il a, il a une carrure qu’il ne dévoile pas tout le temps. Il y a le héros et le super héros dans ses affaires.
 
MHR : Nous sommes à la fin du match d’où le RCT sort vainqueur. Est-ce que vous redoutiez ce match avant qu’il ne commence ? 
 
Mourad Boudjellal : Oui, beaucoup, parce qu’on sait que Montpellier est une belle équipe et qu’à la maison, c’est un gros client. D’ailleurs, ils ne se font pas beaucoup battre chez eux malgré le fait que l’équipe soit diminuée. Fabien Galthié arrive à bonifier son effectif même si il est censé être moins fort. Bien sûr qu’on redoutait ce match et on a bien fait parce que ça ne s’est pas joué à grand-chose.
 
MHR : Est-ce que vous présagiez de ce résultat ? 
 
Mourad Boudjellal : Je l’espérais bien sûr, ça serait mentir que de dire qu’on ne l’espérait pas. Si ce n’est pas le cas, ça ne sert à rien de jouer le match. Mais je pensais sincèrement que ça devait sourire à Montpellier plutôt qu’à nous. Après, on n’a pas écrasé Montpellier, c’est une victoire qui se joue sur des coups de dés. Ca a un peu tourné pour nous mais il n’y a pas eu de domination outrancière. Peut-être qu’au match retour à Mayol ça sourira à Montpellier. Aujourd’hui, il y avait des poteaux entrants pour nous et des poteaux sortants pour Montpellier…
 
Mohed Altrad : Je savais qu’on allait recevoir une très grosse équipe. Mourad travaille sur ça depuis plusieurs années et je n’ai pas eu le temps de faire le même parcours sportif que lui étant donné que je ne suis là que depuis un an mais je ne désespère pas. J’avais quand même le secret espoir de gagner. Comme le dit Mourad, ça aurait pu tourner en notre faveur… Dans les vestiaires, j’ai félicité les joueurs. Parfois, après certains matchs, j’étais énervé mais là, je suis content. C’est un match référence pour nous. On a montré qu’on pouvait rivaliser avec ce qu’il se fait de mieux en Top14.
 
MHR : Cette année les deux équipes se rencontreront au moins 4 fois. Que vous êtes-vous dit lors du tirage au sort de la H-Cup lorsque vous avez su que vous étiez dans la même poule?
 
Mourad Boudjellal : Tout mais pas lui ! (Rires). Ecoutez, moi ce que je me suis dit c’est que j’allais économiser de l’argent au niveau des déplacements! 
 
Mohed Altrad : C’est toujours un plaisir de rencontrer Toulon, que ce soit en championnat ou en Coupe d’Europe. C’est bien qu’on soit dans la même poule et j’espère qu’on sera qualifié tous les deux pour le second tour.
 
Mourad : C’est un groupe très serré, très homogène. Je serais d’ailleurs très surpris qu’un des meilleurs premier sortent de ce groupe.
 
MHR : Vous avez dit : « Mon luxe dans la vie est de dire à tout le monde ce que je pense. En bien comme en mal. Je ne veux pas être consensuel juste parce qu’il faut l’être ou parce qu’il y a un intérêt »…
 
Mourad Boudjellal : C’est pour ça que je suis assis à cette table ce soir. Quand je n’ai pas envie, je ne m’assois pas. Quand je dis du bien de quelqu’un c’est que je le pense vraiment. Il y a des gens qui disent tout le temps du bien et au final on ne sait pas ce qu’ils pensent vraiment. Je trouve que c’est mieux, quand on a quelque chose à dire à quelqu’un, de le lui dire. Après, on passe à autre chose mais c’est une manière d’entretenir des rapports sains. C’est comme ça que je conçois les choses et si demain il y a quelque chose qui ne me va pas avec Mohed, je l’appellerai et je lui dirai. Lui peut le faire aussi. 
 
MHR : Est-ce que cette franchise, que vous considérez comme un luxe, vous ne la payez pas au prix fort parfois ? Est-ce que les critiques vous touchent ? 
 
Mourad Boudjellal: Moi je ne fais pas ça pour être élu. Je fais ça parce que je suis comme ça. Il n’y a pas d’idées derrière. Que les gens m’aiment ou qu’ils ne m’aiment pas, je m’en fous un peu. Ce qui me touche, c’est le mensonge. Quand je lis des absurdités, ça me touche, quand je lis que certains clubs se positionnent en misérables par rapport à Toulon sachant les moyens qu’ils ont, je n’accepte pas. Moi je pars du principe que l’argent ce n’est pas un défaut. Je n’accepte pas non plus certaines situations dans le rugby qui ne se font pas dans l’équité, qui se font par des cercles philosophiques communs… Ce genre de choses, je n’accepte pas. Je veux de l’équité. Je veux que quand Montpellier et Toulon entrent sur le terrain, les deux équipes soient à armes égales. Après, on s’explique sur le terrain. 
 
MHR: Merci à vous deux et rendez-vous le dimanche 14 Octobre pour la 1ère journée de H-Cup.
 
Photos: Jean-Louis Cucala