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Paroles de capitaine : Cécile Cérède


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Nous rencontrons aujourd’hui Cécile Cérède, capitaine du Montpellier Hérault Rugby lors du titre de champion de France de 2ème division 2003 du MHR. Elle nous livre son analyse sur le rapport fusionnel du rugbyman avec son sport, un rapport à la fois « magique et futile », selon ses propres mots.

En 2002, vous êtes championne de France de 2ème division. Parlez nous de votre équipe ?

C’était un groupe restreint, nous devions être 25, tout au plus. Ce qui permettait d’être très resserrées. Cela tenait de nos situations. La plupart d’entre nous étions étudiantes, les filles avaient du temps et étaient sans situation de famille, ce qui permettait de partager un maximum de moments ensemble.

 

"De ce groupe émanait une grande richesse"


Les caractères étaient affirmés, l’équipe tenait des personnalités très différentes et de ce groupe émanait une grande richesse. Les caractères étaient marqués, pourtant la cohésion était là.

On imagine qu’il vous reste de nombreux souvenirs de ce titre ?

La finale se jouait à Carcassonne contre Saint Orens, il y avait énormément de vent mais pour tout vous dire, je ne me souviens d’aucun match. Comme si chaque rencontre me plongeait dans une bulle hermétique aux souvenirs. Les photos m’aident à me rappeler, mais ce ne sont que de brefs instants.

Peut-être quelques traces de la fin de la rencontre et de l’émotion qui a dû suivre ?

Thierry Perez et les entraîneurs entrèrent sur le terrain, il y eut une grande explosion de joie. Je me souviens du retour, qui fut assez festif et marqué.
Ce sont des émotions qu’on ne vit pas ailleurs. Elles peuvent être aussi fortes mais toujours différentes. Quand l’on devient mère par exemple ou à d’autres instants de sa vie. Mais le rugby revêt une saveur qui se révèle très particulière.

 

"Ceux qui n’ont pas connu le rugby, ne peuvent que difficilement comprendre la force du lien qui nous unit"


Il y a quelque chose de fusionnel entre les membres de l’équipe, sans qu’on se rende compte de la signification. C’est à la fois magique et futile.
C’est un moment égoïste de la part d’un groupe. Car au final nous ne faisons rien progresser. Peut-être la condition féminine, on peut considérer que cela y contribue... Mais nous n’avons pas aidé notre prochain, nous n’avons pas élevé la société.


En même temps, il y a un certain sentiment de fierté et de reconnaissance. En vers mon père, par exemple, venu me voir pour cette finale où j’évoluais comme capitaine. J’ai peut-être eu cette fierté de voir de la reconnaissance dans ses yeux.
Puis en regardant les photos, on se rend compte du lien immuable qui lie chacune d’entre nous. C'est très marquant quand il arrive qu’on se revoit, que nous soyons amies proches ou plus éloignées.
Ceux qui n’ont pas connu le rugby, ne peuvent que difficilement comprendre la force de ce lien.

 

 

 



 

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