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Graines de cistes #01 : Valentin Seillé

Le 13 septembre 2019

Entre blessures, suspensions et coupe du monde, les temps sont durs au poste de talonneur… Ainsi, samedi dernier lorsque Vincent Giudicelli, sonné, a dû céder sa place, le jeune Valentin Seillé (et il insiste sur l’accent !) est sorti de l’anonymat, découvrant le Top 14. Auteur de 60 minutes de bonne facture, généreux dans l’effort et précis au lancer, ce jeune talonneur à la tête bien faite revient avec nous sur un premier match dont il se souviendra…

Valentin, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Valentin Seillé et j’évolue au poste de talonneur. J’ai commencé le rugby à l’âge de 4 ans, chez mes grands-parents à l’Union, près de Toulouse. J’ai poursuivi pendant 8 ans à Muret où mon père m’a entraîné, puis j’ai intégré le Stade Toulousain en cadets. J’y ai joué quatre saisons avant de rejoindre Montpellier l’année dernière.

Pourquoi avoir fait le choix de rejoindre Montpellier ?

Pour moi, rien n’est plus formateur que la compétition. Ce qui m’intéressait le plus, c’est d’avoir du temps de jeu, ce que je n’avais pas en Espoir au Stade Toulousain où Guillaume Marchand était devant moi dans la hiérarchie du poste. Je me contentais des miettes avec les autres talonneurs. Malgré cela, j’ai connu quelques sélections avec France U20 Développement. Montpellier me proposait un projet intéressant et du temps de jeu. Je pense avoir fait le bon choix puisque la saison dernière, j’ai disputé 19 matchs sur 19 possibles et pour couronner le tout, je me suis entraîné avec les pros en fin de saison. C’était un pari gagnant et je suis très heureux d’être venu ici !

Où en es-tu dans tes études ?

Je suis actuellement en deuxième année de licence d’Histoire. J’ai passé un bac S, ne sachant pas vraiment ce que je voulais faire. J’ai choisi de faire un cursus en histoire car c’est la matière qui m’intéressait le plus. Quitte à faire quelque chose, autant faire quelque chose qui te plait ! Dans un premier temps, je vais essayer de valider ma licence, tout en me laissant le temps de voir comment ça se passe au niveau du rugby. Avec une licence, j’aurai plusieurs options : un master « professionnalisant », un master axé sur l’histoire pour devenir professeur et/ou historien, voire une école de journalisme…

Peux-tu nous faire un retour sur ton premier « vrai » match chez les pros ?

Samedi, j’étais donc remplaçant face à la Rochelle. Je m’attendais à jouer quelques minutes en fin de match. Finalement, j’entends mon nom à la 17ème minute (Rires) ! Au final, c’était peut-être la meilleure chose qui pouvait m’arriver puisque je n’ai pas eu le temps de stresser. Je venais d’arriver sur le banc. J’ai demandé à Dom (le préparateur physique, NDLR) : « Est-ce que tu me chauffes ? », ce à quoi il m’a répondu : « Non non, tu rentres directement » ! Et ça ne s’est pas trop mal passé… Tu es donc entré sur une mêlée aux 5 mètres avec une introduction adverse.

 

Pour sa première, Valentin Seillé s'est montré particulièrement précis au lancer, mais aussi très efficace dans le jeu courant.

 

Que s’est-il passé dans ta tête à ce moment-là ?

Je n’ai pas vraiment regardé les mecs qui étaient en face de moi, mais plutôt le contexte. Le fait que ça y est, j’étais sur un terrain de Top 14… 

Le fait que tu commences à être mis en lumière, notamment dans la presse, te met-il une pression particulière ?

Je ne dirais pas ça. La pression, je l’ai déjà un petit peu. J’ai eu des retours positifs après ce match donc je suis plutôt satisfait, mais je sais qu’il va falloir confirmer ! Ça m’encourage plutôt que ça me met de pression. Pendant la semaine, j’essaie de me mettre en confiance et de me rassurer à l’entraînement, pour arriver « blindé » pour le match.

Tu fais partie des jeunes joueurs qui s’entraînent au contact des pros depuis le début du championnat. Comment ça se passe avec eux et avec le staff ?

Je trouve que le groupe vit super bien et que les jeunes sont très bien intégrés. Les résultats sont encourageants. Tout est vraiment réuni pour s’épanouir.

Qu’est-ce qui change de la catégorie « Espoirs » ?

Ne serait-ce que sur l’intensité des entraînements, il y a un monde d’écart. J’ai commencé à m’entraîner avec les pros dans un contexte positif, en fin de saison dernière. Même si sur certains matchs en Espoirs, on peut retrouver une grosse intensité, j’ai directement senti que c’était un niveau au-dessus. Mais la prépa de cet été, qui était « costaud », m’a aidé à me sentir mieux. Bien sûr, je suis jeune et il y a beaucoup de secteurs sur lesquels je dois progresser mais physiquement, j’arrive à suivre le rythme !

Quel objectif sportif t’es-tu fixé ?

Je ne me suis fixé aucun objectif précis. Je savais que cette année, il y aurait une grosse concurrence au poste de talonneur et que ce serait compliqué de jouer. Les circonstances ont fait que j’ai eu du temps de jeu... J’essaie de profiter au maximum de toutes les minutes qui me sont données !