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Graines de cistes #14: Tyler DUGUID

Le 14 avril 2021

Tyler Duguid, jeune canadien de 20 ans, compte déjà quelques sélections U18 avec les Canucks (équipe nationale du Canada). Alors qu’il commence à  honorer sa première feuille de match chez les professionnels lors de du quart de finale de Challenge CUp face au Benetton Rugby (21-25), il évoque avec nous ses débuts dans le football américain mais aussi… dans la lutte gréco-romaine.

Tout d’abord est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Tyler Duguid, je suis canadien et je joue au rugby depuis l’âge de 12 ans. Je suis arrivé à Montpellier au début de cette saison, en Août mais j’ai joué à Narbonne avant ça pendant une moitié de saison.

Quand es-tu arrivé à Montpellier ?

J’étais en Roumanie avec la sélection nationale contre les Fidji et un agent m’a repéré. Il est venu me parler à la fin du match puis j’ai signé un contrat avec Narbonne, puis c’est mon agent qui m’a mis en relation avec le club. Je suis arrivé à Montpellier au début de cette saison, en Août après avoir fait une demi-saison avec Narbonne.

Comment as-tu entendu parler du rugby au Canada alors que c’est un sport peu connu là-bas ?

Parce que mes deux oncles ont joué au rugby en France : l’un d’eux à Brive et l’autre à Mont-de-Marsan et les deux ont joués pour le Canada. Du côté de mon père, c’est plutôt le football américain qui prédomine et c’est le premier sport que j’ai commencé à sept ans.  Mais du côté de ma mère, c’est surtout le rugby qui est présent donc je m’y suis inscrit quand j’avais douze ans, naturellement.

Pourquoi le rugby t’a-t-il plu ?

J’ai donc commencé le football américain tôt mais quand j’ai commencé le rugby, j’ai vraiment adoré ça. J’ai également commencé à faire de la lutte un peu plus tard et ce, pendant quatre ans. Au fur et à mesure, j’ai commencé à être meilleur et à jouer avec l’équipe nationale du Canada et j’ai eu la chance de pouvoir voyager grâce à ça. Mais l’aspect physique est celui qui me plaît le plus, et de loin !

Tu joues deuxième ligne, quelles sont les qualités à ce poste et est-ce que tu penses les avoir ?

Au début, j’étais pilier pendant trois ans parce que j’étais un peu le « fat kid » (le « gros ») quand j’étais plus jeune jusqu’à ce qu’on me positionne en deuxième ligne. A ce poste-là, je pense qu’on doit être très dur physiquement parce qu’on travaille vraiment beaucoup sur le terrain, et être mobile aussi. Mais le côté que je dois surtout améliorer est le saut sur les touches parce qu’au Canada, ils disaient que j’étais trop lourd (rires) tandis qu’à Narbonne, l’occasion ne s’est présentée qu’une seule fois. C’est donc très nouveau et difficile pour moi. 

Quelle est pour toi la plus grosse différence entre le football américain et le rugby ?

A vrai dire, je n’ai pas vraiment eu le choix ni le loisir de m’essayer à d’autres postes. A mon âge, il a fallu performer rapidement à ce poste et je dois dire qu’il me plaît beaucoup, je le trouve très important alors qu’on n’en parle effectivement pas énormément… Je trouve qu’il y a plus de contact qu’à d’autres postes et j’adore ça même si là, c’est sans doute mon côté maso qui parle !

Comment se passe ta première année dans une équipe de haut niveau ? Est-ce que ça correspondait à l’image que tu t’en faisais ?

Je ne me suis pas vraiment questionné par rapport à ça. Etant novice et ne connaissant pas vraiment le rugby, je suis venu ici sans a priori. Aujourd’hui encore, je suis en pleine découverte. 

Est-ce que la lutte t’a aidé dans la pratique du rugby ?

Oui énormément, surtout dans les plaquages, l’équilibre et la perception de son corps dans l’espace. En plus on retrouve aussi certains mouvement de lutte dans quelques secteur de jeu comme les rucks par exemple. 

Quelles sont pour toi les plus grosses différences entre le rugby canadien et le français ?

Avant je jouais un rugby très simpliste, très lent mais j’ai changé de style de jeu grâce à mon stage de 8 semaines en Nouvelle-Zélande. Là-bas, le rugby est très rapide, très fluide, donc j’ai dû m’adapter. En U20, j’étais enfin capable de jouer plus rapidement et plus physiquement par rapport à d’autres. J’adore le rugby français car il est très physique et c’est vraiment beaucoup de travail.
 

Comment te sens-tu à Montpellier, t’es-tu bien adapté à ta nouvelle vie ici ?

Oui, quand je suis arrivé, je trouve que je jouais correctement mais je n’étais pas à un poste où j’avais l’habitude d’évoluer. Joan Caudullo (directeur du centre de formation, ndlr) est un très bon coach et m’a aidé à progresser. C’est un super groupe de gars ! Ici, grâce au centre de formation, mes amis sont partout donc je me sens bien.

Être loin de ta famille est-il un handicap ?

C’est difficile et ma famille me manque mais ma sœur joue en Angleterre donc il n’y a que la Manche qui nous sépare et elle se débrouille plutôt bien, là-bas. Mon frère est toujours au Canada mais il aimerait pouvoir venir jouer en France, j’espère qu’il me rejoindra un jour. Je suis rentré au Canada pour le premier confinement et j’y suis resté jusqu’à ce que je rejoigne Montpellier en août, je ne les ai pas vus depuis mais on reste en contact grâce au réseaux sociaux.

Comment se passe ta saison avec les espoirs ?

Elle se passe bien, malgré le faux pas face à Brive on parvient à enchaîner de grosses performances notamment face à Toulon ou Aurillac. Le début de saison était plus difficile mais là nous progressons bien.

Quel est ton objectif au sein de Montpellier ?

Je suis concentré avec les espoirs mais j’ai presque touché du doigt mon objectif de jouer avec les pros car j’étais sur la feuille de match pour le quart de finale. Maintenant l’objectif pour la fin de saison est de finir le mieux possible avec les espoirs et de pouvoir grappiller des minutes avec les pros.  

 

Merci Tyler et bonne chance pour la fin de championnat avec les espoirs dès ce dimanche face à Clermont !

 

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