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La belle histoire de Mohamed Haouas

Le 10 janvier 2020

Ce mercredi 7 janvier dernier, le staff du XV de France dévoilait la très attendue liste des 42 joueurs appelés à préparer le prochain Tournoi des 6 Nations. Cinq Montpelliérains ont eu l’honneur de voir leur nom apparaître sur la liste des Bleus. En plus de Paul Willemse, qui comptabilise déjà 5 sélections, l’encadrement du XV de France a décidé de faire appel aux jeunes et prometteurs Gabriel Ngandebe et Arthur Vincent, ainsi qu’à Anthony Bouthier, auteur d’une ascension fulgurante qui l’a vu passer de la Pro D2 à Marcoussis en à peine six mois. Mais c’est sur la trajectoire singulière de Momahed Haouas que nous avons choisi de nous arrêter.

Arrivé sur le pré à l’âge de 15 ans, rien ne prédestinait Mohamed Haouas au rugby professionnel. « J’ai toujours bien aimé ce sport mais je n’avais pas la possibilité de le pratiquer. Un jour, un mercredi après-midi, Hérault Sport est venu au Petit Bard (son quartier à Montpellier, NDLR) pour faire une initiation. L’association MRC m’a repéré et il m’a fait venir aux entraînements. » C’est le début d’une belle histoire qui commence par hasard… Intégré au centre de formation, il rejoint ensuite la Marine Nationale Française ce qui lui permet de devenir international militaire en 2015.

Tout s’enchaîne rapidement pour le jeune pilier au gabarit impressionnant. Diplômé d’un CAP carrosserie, celui que tout le monde au club surnomme « Momo » refuse un emploi dans son domaine d’étude et décide de se consacrer entièrement à sa nouvelle passion, le rugby. « C’est à ce moment que je me suis dit qu’il fallait que je me donne à fond ! » Un choix payant puisqu’en 2016, le jeune pilier signe son premier contrat professionnel avec le MHR. « J’étais content, j’avais un salaire chaque mois, j’étais payé à faire le sport que j’aime. C’était trop bien ! J’ai travaillé dur pour en arriver là. » Un beau parcours qui a connu quelques turbulences, la faute à des erreurs de jeunesse qui lui ont valu une condamnation et un placement sous contrôle judiciaire. « Il y beaucoup de choses qui se disent sur moi. Tout n’est pas vrai. J’ai fait des erreurs mais c’est du passé et aujourd’hui ce qui m’intéresse, c’est le présent et surtout le futur. »

Aujourd’hui pleinement investi dans sa carrière de rugbyman professionnel, Momo est un jeune père épanoui qui a conscience de sa chance : «  Ce n’est pas pour me la péter mais je suis fier de moi parce que j’aurais pu mal tourner. C’est dur de sortir du quartier. Moi, je suis marié, j’ai un fils, une situation, un appartement. Beaucoup de jeunes n’ont pas le quart de ça à mon âge. Il faut d’ailleurs que je remercie l’association, le centre de formation et tous ceux qui m’ont tendu la main quand j’en avais besoin. Ça a été important dans ma vie et je ne l’oublie pas. »  Puissant et mobile, le pilier de 25 ans enchaîne les belles performances à droite de la mêlée montpelliéraine depuis le début de la saison. Une régularité finalement récompensée par un coup de téléphone de Raphaël Ibanez, qui lui a annoncé en personne la bonne nouvelle mercredi matin. Une juste récompense pour notre Momo, qui avait auparavant refusé une sélection avec l’équipe algérienne, sans doute en gardant dans un coin de la tête son rêve bleu…

« C’est une grande fierté pour moi. Je suis né en France et je suis fier de représenter le pays où je suis né. Je tiens à remercier le staff, mes coéquipiers, mon club et mon président qui m’ont fait confiance. Maintenant, rien n’est fait. Être sélectionné c’est très bien mais je dois encore travailler pour pourvoir y rester. » 

Relisez l'interview de Mohamed Haous réalisée dans le 10ème numéro d'Impact Magazine en cliquant ici. Félicitations Momo ! 

 

Photo : Erwan Maître